Du 19 avril au 27 juin s'est déroulé sur le site de l'ancien prieuré Saint-Martin à Montbonnot, un chantier de sondages archéologiques.
Il s'agissait d'évaluer, dans ce secteur d'occupation ancienne, le type et l'importance des vestiges enfouis et de mieux connaître les édifices conservés, notamment une partie de l'aile du chapitre, seul vestige du monastère médiéval encore debout. C'est en effet en ce lieu que la commune de Montbonnot envisage d'installer plusieurs équipements culturels ...
Le prieuré de chanoines augustins, fondé par saint Hugues à la fin du XIe siècle, fut supprimé par le cardinal Le Camus à la fin du XVIIe siècle, pour installer un séminaire (établissement destiné à former des prêtres), confié à la gestion d'une congrégation religieuse, les oratoriens. Celui-ci est fermé à la Révolution française et les bâtiments vendus au titre des Biens nationaux en 1792.
L'église, qui abritait la fonction paroissiale, se maintient jusqu'en 1830 ; elle est alors abattue et ses matériaux sont récupérés pour être vendus.
Merci aux fouilleurs bénévoles qui ont participé à ce chantier.
Du 19 au 23 avril :
l'ouverture des cinq sondages est réalisée grâce à une pelle mécanique. Celle-ci retire la terre par enlèvements horizontaux, raclant le sol en de fines couches jusqu'à ce que des vestiges soient repérés. Cela s'accompagne de dégagements et nettoyages manuels, afin que les structures mises au jour puissent être identifiées sans dommages. Dans le même temps est retirée l'importante couche de déblais qui enchape les maçonneries attenantes à l'aile du chapitre, (visibles par endroits avant le début de l'opération).
Du 26 au 30 avril :
après le départ de la pelle mécanique, le nettoyage des différents sondages se poursuit. L'objectif est de préparer la fouille à venir en proposant une lecture la plus claire possible des structures déjà exhumées. Le matériel archéologique découvert durant ces deux premières semaines est très récent : essentiellement constitué de céramique et de quelques ossements, il appartient à l'époque qui suit la vente du prieuré comme bien national et le démantèlement de certains des bâtiments (notamment l'église).
Les découvertes de la fouille plus classique se poursuivent : une fosse, percée dans le sol pavé d'un bâtiment découvert, commence à être fouillée. Le sédiment qui la remplit livre du mobilier très récent mais également d'importants fragments de terres cuites façonnées pour servir d'éléments d'architecture : ces briques et nervures de voûtes comportent encore quelques traces d'enduits peints à leur surface ; elles évoquent une construction de qualité, du XIIIe siècle. Mais le mauvais temps subi pendant une partie de la semaine contraint à un autre genre d'activité : sur la façade sud-ouest du presbytère, les mortiers parfois très couvrants qui empêchaient une lecture satisfaisante du mur ont été piquetés. Plusieurs fenêtres bouchées ainsi que des reprises plus ténues du bâtiment sont désormais bien plus lisibles. Reste à faire la synthèse des observations réalisées pour disposer d'un phasage chronologique précis des maçonneries, puis à compléter le dessin réalisé de la façade.

L'anthropologue est arrivée ! C'est à elle qu'incombe, pendant un mois, la fouille des sépultures : non seulement pour étudier les ossements découverts, mais également pour comprendre le mode d'inhumation : cercueils, calages de pierre et planches, présence de mobilier... voire aucune trace (ce qui n'exclut alors pas l'utilisation d'un linceul). Ce sont donc autant les populations locales (état sanitaire, âge, sexe) que les pratiques accompagnant le décès que cette discipline permet d'appréhender. 
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| La fouille se poursuit avec le prélèvement des premières sépultures, dont les ossements seront étudiés en laboratoire, et le démontage du sol pavé d’un bâtiment qui occulte vraisemblablement d’autres sols plus anciens. L’opération archéologique progresse dans plusieurs sondages, ce qui devrait permettre d’atteindre sous peu des niveaux d’occupation proches de la période médiévale. L’étude des bâtiments conservés n’est pas en reste : une spécialiste des enduits peints est venue estimer l’intérêt de sonder les murs du presbytère. La conservation éventuelle de peintures murales pourrait permettre de mieux comprendre et périodiser l’évolution de l’aménagement intérieur du bâtiment. Le chantier a également reçu la visite d’un géomorphologue – spécialiste de l’évolution des paysages – du service archéologique municipal de la ville de Lyon. Les observations réalisées par ses soins sur les sédiments du site pourraient révéler des interférences entre l’occupation humaine du prieuré et des phénomènes naturels (notamment liés à l’écoulement de la Doux) : traces d’inondations, de glissements de terrains… |
| | La fouille progresse dans tous les sondages ; cela nécessite qu'on relève au fur et à mesure - sous forme de plans - tous les éléments dégagés. Ces représentations graphiques du terrain sont accompagnées de fiches décrivant les sédiments rencontrés : couleur et texture de la terre, présence de cailloutis, mortiers ou objets divers... Le mobilier (terme qui désigne tout objet découvert en fouille) est, lui, ensaché et étiqueté en fonction de son emplacement de découverte. Cet enregistrement minutieux permet, une fois les sondages rebouchés, de réaliser le rapport de fouille en ayant à disposition toutes les données issues des différentes étapes du travail de terrain. Malgré la lenteur qu'imposent ces opérations, la fouille livre de nouvelles données : une cinquième sépulture est en cours de dégagement au chevet de l'église et une sixième, apparaissant comme un coffre de pierre, va bientôt être fouillée. Plus au nord, une portion de la nef de l'église et l'emplacement présumé du cloître - dont une galerie présente des traces d'incendie - font également l'objet d'investigations attentives. |
![]() ![]() | L'intervention sur le bâti touche à sa fin ! Après cinq semaines de travail, l'essentiel des murs extérieurs est dessiné avec un niveau de détail variable : pierre-à-pierre dans les zones les plus anciennes et sujettes à de nombreux remaniements, ou plus générales dans les agrandissements et réfections récents. Ces relevés regroupent toutes les observations portées sur les maçonneries : nature et agencement des matériaux, différences dans les mortiers employés... Autant de données qui renseignent sur les campagnes de travaux successivement réalisées sur cet édifice : construction au XIIe siècle, modification à la fin du Moyen Âge (petite fenêtre en brique notamment), agrandissement vers l'ouest à l'époque moderne et enfin percement régulier de nouvelles fenêtres aux deuxièmes et troisième niveaux de la façade.
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