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Les centrales de la Romanche en question


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Un projet de modernisation industrielle


Pour rentabiliser les coûts de production et augmenter la production hydroélectrique, Électricité de France (EDF) étudie actuellement la création d'une centrale souterraine pour remplacer six des centrales construites sur la Romanche à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle sur le territoire de la commune de Livet-et-Gavet, nationalisées en 1946. Dans ce contexte, il s'imposait d'envisager le devenir de ces six centrales (Livet, les Vernes, les Roberts, Rioupéroux, les Clavaux et Pierre-Eybesse) qui seront désaffectées.
Il s'agit de remplacer ces six centrales anciennes par une centrale souterraine unique installée en aval, à Gavet. Une seconde centrale souterraine, réversible (de pompage-turbinage), installée à Livet, avait été envisagée pour remonter l'eau de la Romanche jusqu'au bassin du Verney, afin d'améliorer la rentabilité de l'ensemble. Cet ajout n'a finalement pas été retenu.

Un peu d'histoire

Le développement industriel de la région grenobloise est en partie dû à l'exploitation de la force de l'eau issue des montagnes. Très tôt, les torrents ou les lacs d'altitude sont captés et canalisés pour alimenter des centrales hydroélectriques fournissant ce qu'on a appelé « la Houille Blanche ».
Plusieurs installations industrielles utilisent les possibilités énergétiques du site de Rioupéroux avant même d'y produire de l'électricité (haut-fourneau, papeterie), simplement par hydromécanique. Mais les lieux sont d'un accès long et difficile d'où l'idée de créer un tramway (à vapeur puis diesel !) : les « Voies Ferrées du Dauphiné ». Désenclavée, la vallée de la Romanche devient, comme la plupart des vallées alpines, un secteur recherché pour l'énergie qu'elle recèle, fournissant de l'électricité à des industries électrochimiques et électrométallurgiques (carbure de calcium, ferro-alliages, fonte, silicium, aluminium, etc). En 1914, sur la commune de Livet-et-Gavet turbinent sept centrales hydroélectriques.
Quatre ans plus tard, la guerre ayant fortement stimulé les industries, les usines cherchent des solutions pour répondre à leur besoin croissant en énergie. Une nouvelle centrale, celle des Vernes, est construite et les autres sont perfectionnées. D'autres approvisionnements par des affluents proches (ruisseau de Bâton, lac mort) sont peu à peu annexés.
Mais c'est la construction du barrage du Chambon dans l'entre-deux-guerres qui va résoudre l'essentiel du problème.

Une centrale hydroélectrique ? Qu'est-ce-que c'est ?

Outre le bâtiment abritant la production proprement dite, chaque centrale est constituée de deux ensembles d'éléments, situés à la périphérie  de la construction voir à distance et indispensables à son fonctionnement :
- à l'amont se trouvent la prise d'eau, le canal d'amenée d'eau, la chambre de mise en charge, une conduite forcée au moins et sa cheminée d'équilibre, des vannes...
- au niveau de la centrale et à l' aval prennent place le poste de transformation et le départ des lignes électriques, le canal de fuite...

A la prise d'eau, un barrage partiel détourne une partie de la Romanche en direction de l'usine. Très visible, parfois imposante (Les Clavaux), l'entrée de la prise d'eau est aussi le seul endroit où la rivière a son débit complet. L'acheminement jusqu'à la chambre de mise en charge se fait par un canal à ciel ouvert ou une galerie fermée, le plus à l'horizontale possible afin de garder le maximum de hauteur de chute, donc de puissance. La chambre d'eau, lieu de mise en charge, est un réservoir intermédiaire à partir duquel le liquide va être précipité dans la conduite forcée pour libérer le maximum d'énergie à l'arrivée. Cette chambre sert aussi de déversoir (partiel ou total) lorsqu'un ou plusieurs groupes sont arrêtés et que les vannes sont fermées à son niveau. L'effet peut être très spectaculaire (Livet, les Vernes). La conduite descend le plus directement possible sur l'usine proprement dite et se scinde à l'arrivée en autant de diverticules qu'il y a de groupes à faire travailler. Sur son parcours, la cheminée d'équilibre assure la résistance de cette partie car elle amortit les chocs consécutifs à la fermeture des vannes d'amenées placées devant les turbines (coup de bélier).
Le bâtiment comporte plusieurs groupes de production, chacun constitué du couplage d'une turbine actionnée par l'eau avec un alternateur qui transforme le mouvement en courant électrique. Le poste de transformation complète l'installation en modifiant la tension du courant (voltage) afin de pouvoir le transporter en limitant les pertes, avec diverses installations de mesure et de contrôle. Au départ, ce poste était inclus dans le bâtiment. Désormais à haute tension, l'électricité est évacuée par le haut au moyen de fils aériens qui l'acheminait aux utilisateurs (usines) autrefois, au réseau de distribution aujourd'hui. Des pylônes métalliques, aux formes variant au fil du temps, soutiennent les fils.
Pour sa part, après avoir travaillé, l'eau est rejetée à la rivière au moyen d'un canal de fuite.

Les sept centrales

La majorité des centrales de la Romanche (Livet I, les Roberts, Rioupéroux, les Clavaux et Pierre-Eybesse) relèvent d'un modèle simple et fonctionnel.
Elles consistent à l'origine en un bâtiment allongé, aux façades symétriques, couvert d'une toiture à deux pans abritant la salle des machines où les groupes (turbines) sont disposés en rang. La longueur de la salle des machines est définie par le nombre de groupes et sa hauteur (deux fois celle du groupe le plus important) est conditionnée par le fonctionnement du pont roulant lors des opérations d'installation et de maintenance. La hauteur entre la toiture et le pont roulant doit être suffisante pour qu'un homme puisse circuler aisément. De petites salles annexes (salle de téléphone, de réunion, de contrôle...), sont implantées en périphérie de la salle des machines.
La technique, la fonctionnalité et l'économie priment généralement sur l'esthétique, ce qui n'exclut nullement, dans de nombreux cas, la régularité et le souci du détail.
Deux centrales se différencient par leur conception. Livet II avec sa haute façade en pans de fer largement vitrée se rattache aux réalisations rationalistes de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Quant aux Vernes, elles évoquent une maison de maître ou une villa italienne par leur plan ramassé, le traitement de leurs façades et leurs aménagements extérieurs paysagés. Le concepteur souhaitait d'ailleurs dès l'origine qu'elles soient un lieu touristique.Toutes deux se distinguent par l'importance accordée au traitement ostentatoire de leur architecture et par les matériaux « nouveaux » mis en avant (métal, ciment).