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Recherches et études

Les centrales

La centrale double de Livet

    

Les bâtiments de cette centrale étaient destinés à fournir en énergie électrique les usines de la société Electrochimique de la Romanche d'Edouard Lullin (carbure de calcium, alimentation de la ville de Grenoble), puis les fours électriques des aciéries des Etablissements Keller et Leleux.


Repères

  • Date de mise en service du bâtiment Livet I : 1898-99 (Société électrochimique Romanche)
  • Date de mise en service du bâtiment Livet II : 1905 (Etablissements Keller & Leleux)
  • Usine nationalisée en 1946. et modernisée en 1960 (automatisation de la production)
  • Propriétaire actuel : E.D.F
  • Prise d'eau : barrage de l'Infernet
  • Hauteur de chute : 59 m
  • Débit maximal : 27 m3/s
  • Equipement : 6 turbines Francis à axe horizontal dont deux doubles
  • Puissance : 15,8 MVA
  • Productibilité : 81 GWh/ an

Les centrales sont implantées sur la rive gauche de la Romanche, adossées à la montagne et tournées vers le nord. Depuis la déviation, on a aujourd'hui une vue sur l'ensemble.

Cette centrale, réalisée en trois campagnes principales de construction, comprend :

  • un site étranglé entre la berge, la déviation routière et l'abrupte falaise arrière (via ferrata) ; des vestiges de l'usine Keller alentour (logements patronaux ou ouvriers, bâtiments administratifs, halle sur l'autre rive...).
  • des dispositifs extérieurs comprenant une prise d'eau, une galerie d'amenée, une cheminée d'équilibre, une chambre de mise en charge avec déversoir (cascade + conduite) à l'arrière du bâtiment oriental, des conduites forcées, un canal de fuite passant sous la route en encorbellement au-dessus de la rivière.
  • les deux bâtiments de production hydroélectrique (Livet I et Livet II) d'époques différentes et des bâtiments annexes, accolés en pied de relief et se distinguant par leurs dimensions et leurs architectures.

Le bâtiment Livet I, construit en 1898, est constitué d'une grande halle de forme rectangulaire allongée, entièrement en pierre, accolé à l'origine à l'usine aujourd'hui disparue. La toiture, à charpente métallique, est à lanterneau, comme c'est fréquemment le cas dans l'architecture industrielle. La façade principale est située dans le pignon nord, tourné vers la Romanche. Elle est très sobre mais réglée, avec une grande ouverture, en bas et trois ouvertures dans la partie haute.
Ayant remporté l'appel d'offre pour la fourniture d'électricité destinée à éclairer la ville de Grenoble, la Société Electrochimique de la Romanche créa une seconde centrale en 1905, tout en louant une partie de sa production à la société Keller et Leleux qui deviendra propriétaire de la centrale double en 1906.
L'emprise du bâtiment Livet II, de forme trapézoïdale et beaucoup plus large que le premier, s'adapte à la parcelle de terrain disponible, en s'appuyant contre le précédent et en s'étendant vers l'amont.
Plus que par son plan, c'est par sa structure porteuse verticale en poteaux métalliques, par la composition de sa haute et large façade en pans de fer vitrés, par la forme de son toit et par ses détails décoratifs que le bâtiment Livet II exprime une nette volonté de rupture avec Livet I.
Malgré le plan ramassé de l'édifice, la transparence et les reflets de la façade principale de Livet II contribuent à lui donner un aspect léger et presque aérien, où certains voient une allusion aquatique. De plus, un soin particulier du détail architectural et une ornementation de qualité font de cette paroi un véritable manifeste publicitaire exprimant le dynamisme et la modernité des sociétés qui s'y sont succédées.
De même, à l'intérieur, on note l'emploi de carreaux de ciment polychrome pour réaliser le dallage, solution à la fois solide et raffinée utilisée à la même époque pour les sols des zones de circulation des immeubles et des sièges d'entreprises grenoblois.

La centrale des Vernes

 

            

Cette centrale destinée à répondre à l'augmentation des besoins en énergie des Etablissements Keller et Leleux, producteurs de fonte synthétique à Livet durant la Première Guerre mondiale, est implantée en rive gauche de la Romanche. Elle est classée au titre des Monuments historiques depuis le 2 septembre 1994.

 


Repères 

  • Date de mise en service : juillet 1918 (Société des établissements Keller & Leleux)
  • Usine nationalisée en 1946
  • Modernisée en 1960 (automatisation de la production)
  • Propriétaire actuel : EDF
  • Prise d'eau : sur le canal de fuite de la centrale de Livet
  • Hauteur de chute : 22 m
  • Débit maximal : 27 m3/s
  • Equipement : 2 turbines Francis à axe horizontal dont une d'origine 
  • Puissance : 5 MVA
  • Productibilité : 28 GWh/ an

 

Cette centrale, d'une quinzaine d'années plus récente que le bâtiment II de la centrale de Livet, a été conçue pour une « mise en scène de l'eau ». Toutes les fonctions de la centrales, de la chambre d'eau au canal de fuite sont concentrées sur la même parcelle. Charles-Albert Keller décrit ainsi son projet en 1925 : « D'abord j'ai obéi à des goûts personnels en l'espèce. J'ai voulu ensuite démontrer que la houille blanche et le tourisme sont conciliables, et puis j'ai tenu à apporter à un pays auquel je me suis fortement attaché une contribution à son embellissement. Enfin, et cela m'est très cher, offrir à mon personnel que j'estime une preuve de plus de ma sollicitude affectueuse en le faisant bénéficier particulièrement de ces embellissements qui agrémentent ici un peu sa vie et celle des siens ».

Elle comprend :

  • la prise d'eau sur le canal de fuite de la centrale de Livet et la galerie d'amenée,
  • la chambre de mise en charge, dominant la centrale au cœur du jardin à la française, dont le déversoir forme fontaine et que surmonte le clocheton servant de portique pour les lignes électriques,
  • entre la chambre et la centrale, deux conduites forcées aériennes constituant la chute,
  • sur le côté ouest du bâtiment, le soutirage du déversoir par deux conduites en sifflet se déversant dans le canal de fuite,
  • la construction cubique, mais à l'architecture soignée évoquant une villa, abritant la production, flanquée au nord du poste de transformation entre deux ailes basses,
  • l'escalier monumental qui assure, sur toute la hauteur de la chute, la circulation entre le jardin et la cour,
  • les lignes électriques sortant du poste de transformation, survolant le toit-terrasse de la centrale en direction du portique en clocheton monogrammé, puis portées par deux pylônes métalliques encadrant la route principale ; de là , la ligne suit en aérien le canal d'amenée jusqu'à l'usine.

La terrasse supérieure, de plain pied avec la route, est aménagée en jardin à la française avec allée, arbres, parterres bordés de vases, fontaine monumentale (en fait chambre de mise en charge-cheminée d'équilibre) et clôture. Les pylônes supportaient des projecteurs à l'origine.
La terrasse inférieure où se dresse la centrale est au niveau de la berge. C'est une vaste cour en partie arborée, propre à l'admiration de l'ensemble par le recul et la variété des points de vue. Elle est aussi clôturée au nord par la Romanche et à l'ouest par l'eau du canal de fuite, donnant  l'effet d'un château protégé d'une douve franchie par un « pont-levis ». Pour relier les deux niveaux, le grand escalier monumental, en ciment moulé, s'inspire nettement de celui du château de Vizille (disposition, balustres, niches). C'est un dispositif fonctionnel de circulation, mais plus encore un élément de surprise théâtrale et un instrument de découverte des lieux. Il était à l'origine éclairé et apparemment doté d'un calvaire.

La centrale des Roberts

            

La centrale est implantée sur la rive droite de la Romanche, parallèlement à la rivière, à distance du flanc de la montagne. Un pont métallique franchissant la rivière permet d'y accéder depuis la route départementale 1091.

 


 

Repères

  • Date de mise en service : 1915 (Compagnie Universelle d'Acétylène et d'Electrométallurgie dite CUAEM)
  • Usine nationalisée en 1946
  • Modernisée en 1974 (automatisation de la production)
  • Propriétaire actuel : EDF
  • Prise d'eau : barrage mobile de 2,5 m de hauteur et de 24,8 m de largeur
  • Hauteur de chute : 41 m
  • Débit maximal : 42 m3/ s
  • Equipement : 5 turbines Francis à axe horizontal
  • Puissance : 15,4 MVA
  • Productibilité : 80 GWh/an

 


 


Au-delà de son pont d'accès, cette centrale bien visible depuis la route comprend :

  • Un barrage de dérivation situé à proximité de la centrale des Vernes,
  • Une galerie d'amenée en rive droite,
  • Une chambre de mise en eau non visible depuis la centrale avec cheminée d'équilibre,
  • Deux conduites forcées épousant le terrain et se subdivisant le long du mur sud de la centrale,
  • Un bâtiment de production allongé incluant le poste de transformation,
  • Un canal de fuite à ciel ouvert le long du mur sud de la centrale, doublé d'un second enterré sous le terre-plein ouest,
  • Une ligne électrique sur pylônes « raquette » (dont certains ont été remplacés par des poteaux en bois) évacuant l'énergie vers l'usine des Clavaux située à Gavet,
  • Des bâtiments annexes dispersés aux alentours (garage, magasin, maison du chef d'usine...) mais en grande partie disparus.

La centrale des Roberts est un bâtiment de plan rectangulaire, de type halle industrielle à pont roulant, construit suivant les techniques traditionnelles de la deuxième moitié du XIXe siècle et du début du XXe siècle.  Le souci de l'esthétique est néanmoins nettement plus marqué que sur le bâtiment I de la centrale de Livet, quoique les Roberts soient édifiés en pleine guerre.
Les façades sud et ouest, les plus visibles depuis la route, sont traitées avec beaucoup plus de soin que les deux autres. Sur le mur gouttereau tourné vers la Romanche, les baies sont disposées de manière régulière en huit travées sur deux niveaux et portent l'enseigne peinte de la CUAEM. Le mur pignon aval est percé de trois grandes ouvertures implantées symétriquement. En partie basse s'ouvrent une large porte, à gauche et une grande baie, à droite, toutes deux traitées avec le même soin du détail que pour les baies du mur précédent (plein cintre, brique, ciment moulé). Au-dessus, un grand oculus assorti donne l'axe.
La toiture à deux pans est constituée, comme celle de la centrale de Rioupéroux à qui celle-ci s'apparente, d'une charpente en fermes métalliques légères, supportant en sous face des carreaux de terre cuite ou cancalons. Du poste de transformation situé dans la partie amont du bâtiment, les lignes électriques longent l'extérieur avant de s'échapper à destination des pylônes singuliers et du franchissement de la rivière.

La centrale de Rioupéroux

            

La centrale est implantée sur la rive gauche de la Romanche parallèlement à la rivière qui fait un coude en cet endroit. Cet emplacement (sur la berge et le plus à l'aval possible du site industriel) lui permet de retirer le maximum de hauteur de chute et donc de puissance à proximité immédiate des bâtiments des usines, aujourd'hui démolis.


Repères

  • Date de mise en service de la centrale actuelle 1917 (Société des Forges et Aciéries de Firminy)
  • Site repris en 1925 par la Compagnie des produits chimiques et électrométallurgiques Alais, Froges et Camargue
  • Centrale nationalisée en 1946
  • Centrale modernisée en 1967 (automatisation de la production)
  • Propriétaire actuel : EDF
  • Prise d'eau : barrage mobile sur la rive gauche de la rivière
  • Hauteur de chute : 69 m
  • Débit maximal : 53 m3/ s
  • Equipement : 6 turbines Francis à axe horizontal
  • Puissance : 30 MVA
  • Productibilité : 145 GWh/an

 


 

Cette centrale comprend :

  • un barrage de prise d'eau situé à proximité immédiate de la centrale des Roberts,
  • un canal d'amenée à ciel ouvert, en grande partie surélevé et bien perceptible, avec chambre de mise en charge,
  • trois conduites forcées en tôle et en béton, pour partie enterrées,
  • un bâtiment de production allongé abritant les turbines, avec des annexes (atelier, transformateur...),
  • un canal de fuite (conduites),
  • une ligne électrique d'évacuation de la force sur pylônes modernes,
  • des bâtiments annexes en maçonnerie de pierres accolés à la centrale.

Sa conception architecturale originelle est très voisine de celle du bâtiment I de Livet et de celle des Roberts mais ici le bâtiment est légèrement plus grand.
De plan rectangulaire et de type halle industrielle à pont roulant, il a été construit suivant les techniques traditionnelles de la deuxième moitié du XIXe siècle pour remplacer des installations préexistantes par une unique centrale plus puissante. Le souci de l'esthétique est plus marqué que sur le bâtiment I de la centrale de Livet mais moins affirmé que sur la centrale des Roberts.
Contrairement à ce que l'on constate aux Roberts, les quatre façades sont ici traitées de la même manière : sur les murs gouttereaux, les baies couvertes de briques sont disposées de manière régulière en huit travées sur deux niveaux.
La toiture est constituée, comme celle des Roberts, d'une charpente en fermes métalliques légères.
Le nettoyage de l'esplanade industrielle voisine d'environ 1 hectare a rendu très visibles bâtiment et dispositifs extérieurs jusque là noyés dans les ateliers et circulations internes.

Le barrage, situé juste en aval du canal de fuite de la centrale des Roberts, mesure 10 m de long et 3, 70 m de hauteur. Implanté entre la route et la rivière, il expose de façon évidente l'importance du traitement de l'eau à la dérivation (dégrilleurs, bassins de décantation) et son impact sur le débit d'une part, l'aspect du lit de l'autre.

Le canal d'amenée maçonné à ciel ouvert longe longuement la route puis les cités ouvrières, protégé par endroit par des traverses. Il porte la ligne électrique en provenance de la centrale des Roberts et à destination de l'usine des Clavaux (Gavet). Un énorme robinet est visible sur son flanc près de la chambre de mise en charge. Il a été remanié et agrandi. Pour rester presque horizontal, il débute à fleur de terre et s'achève en dominant de plusieurs mètres le sol.

Rioupéroux conserve également la première conduite forcée de la vallée, construite en 1867. Il s'agit de la conduite rivetée desservant jadis la papeterie dont elle actionnait les installations directement (sans passer par la fabrication d'électricité). Elle affleure près de la route de la Salignère et a été prolongée. Aujourd'hui elle surgit du sol près de la centrale qu'elle contourne. Deux conduites (soudées et non rivetées) descendent par ailleurs le long du lit de la Romanche. Toutes se subdivisent à l'extérieur pour alimenter les groupes, à l'instar de la centrale des Roberts. 

La centrale double des Clavaux

            

La centrale est bâtie sur un terrain plat et entourée d'espaces arborés. Elle est en fort contrebas de la route, au niveau de la berge, et donc peu visible depuis la circulation. Son implantation est à l'aval du hameau des Clavaux.


Repères 

  • Date de mise en service du bâtiment Clavaux I : 1905 par la Compagnie Universelle d'Acétylène et d'Electrométallurgie (CUAE)
  • Date de mise en service du bâtiment Clavaux II : 1931 probablement par la Société d'Electrochimie
  • Centrale nationalisée en 1946
  • Centrale modernisée en 1954 (automatisation de la production et probable reconstruction de la partie haute du bâtiment II avec arrêt de la production à Clavaux I)
  • Propriétaire actuel : EDF
  • Prise d'eau : barrage mobile en rive gauche de la Romanche
  • Hauteur de chute : 31 m
  • Débit maximal : 53 m3 /s
  • Equipement : 2 turbines Francis à axe horizontal et 1 à axe vertical 
  • Puissance : 17 MVA
  • Productibilité : 69 GWh/ an

Cette centrale comprend :

  • Une prise d'eau légèrement en aval de la centrale de Rioupéroux,
  • Un canal d'amenée, une chambre de mise en charge et des conduites forcées enterrées,
  • Deux cheminées d'équilibre monumentales installées à proximité immédiate à l'amont des bâtiments de la centrale,
  • La centrale proprement dite, réalisée en plusieurs grandes campagnes de construction, qui se présente aujourd'hui sous la forme de deux corps de bâtiment (comprenant le poste de transformation) disposés en équerre en bordure d'une vaste cour qui a remplacé un jardin,
  • Un canal de fuite qui alimente directement la prise d'eau de la centrale suivante (Pierre-Eybesse).

Le bâtiment Clavaux I est le plus ancien du site. Désaffecté en tant qu'usine de production d'électricité, il ne sert plus que de lieu de stockage du matériel depuis 1954.C'est un édifice de plan rectangulaire, de type halle industrielle à pont roulant, construit suivant les techniques traditionnelles de la deuxième moitié du XIXe siècle. Sa taille est comparable à celle du bâtiment I de la centrale de Livet dont il est à peu près contemporain. Le souci de l'esthétique est à peine plus marqué que sur celui-ci et nettement moins affirmé que sur les centrales des Roberts et de Rioupéroux. Les baies sont disposées de manière régulière en cinq travées sur deux niveaux.
Le poste de transformation est plaqué à l'extrémité de ce bâtiment dont il dissimule le pignon ouest derrière son mince écran rectangulaire. Edifié en béton avec toit-terrasse, probablement lors de transformations postérieures à l'édification de Clavaux I, il présente trois travées de trois ouvertures superposées et cintrées. Celles du dernier niveau, plus larges et moins hautes que les autres, permettent le départ des lignes électriques.

Le bâtiment Clavaux II, de plan rectangulaire et de type similaire au précédent à l'origine a été repris ensuite en partie haute avec la mise en place d'un toit-terrasse. Il comprend quatre travées régulières dégagées du côté ouest, vers la grande cour.
Le souci de l'esthétique de détail est là aussi à peine plus marqué que sur le bâtiment I de la centrale de Livet et nettement moins affirmé que sur les centrales des Roberts et de Rioupéroux. Les murs sont enduits, sans marquage de soubassement. Sur les deux longues façades, les horizontales sont très marquées en partie haute : bandeau et corniche saillants, rang de fenêtres plus nombreuses et plus longues que hautes. De même, le petit côté sud porte à ce niveau une longue table à coins découpés. A l'intérieur, on remarque que la toiture terrasse en béton repose sur des portiques en béton armé. Le nombre, l'importance et la disposition des ouvertures confèrent aujourd'hui à Clavaux II une luminosité intérieure exceptionnelle.

 La ligne particulière en provenance de la centrale des Roberts et à destination de l'usine de Gavet traverse le site. Un logement autrefois liés aux centrales est également présent à proximité de la cour.

La centrale de Pierre-Eybesse

           

Les bâtiments de la centrale de Pierre-Eybesse sont totalement invisibles de la route anciennement nationale, même depuis la mise en service de la déviation de Gavet. La centrale, située en contrebas de l'usine de silicium toujours en fonctionnement et dans laquelle elle se trouve de fait enclavée, est coincée entre un rognon rocheux et la rivière. Elle a pris la suite d'une centrale antérieure totalement disparue, construite  entre la Romanche et l'usine de la Société des Soudières Electrolytiques.



Repères

  • Date de mise en service Pierre-Eybesse II : 1924 (Société d'Electrochimie et d'Electrométallurgie des Aciéries Electriques d'Ugine dite SECEMAEU)
  • Usine nationalisée en 1946
  • Date de mise en service Pierre-Eybesse III : 1959 par EDF
  • Propriétaire actuel : EDF
  • Prise d'eau : barrage mobile immédiatement à l'aval de la centrale des Clavaux et sur son canal de fuite, donc en rive gauche de la Romanche
  • Hauteur de chute : 44 m
  • Débit maximal : 41 m3 /s
  • Equipement : 4 turbines Francis à axe horizontal, soit deux par bâtiment 
  • Puissance : 16,7 MVA
  • Productibilité : 81 GWh/ an

Cette centrale comprend :

  • Une prise d'eau double située à proximité immédiate de la centrale des Clavaux,
  • Une galerie d'amenée, une chambre de mise en charge et sans doute deux conduites forcées,
  • Deux bâtiments (Pierre-Eybesse II et Pierre-Eybesse III) perpendiculaires l'un à l'autre  et mitoyens constituant la centrale actuelle,
  • Un canal de fuite, le départ des lignes électriques.

Le corps de bâtiment Pierre-Eybesse II est une construction de plan rectangulaire, de type halle industrielle à pont roulant, construite suivant les techniques traditionnelles de la deuxième moitié du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Le bâtiment, édifié selon un axe sud-sud-ouest/nord-nord-est dans une boucle de la Romanche, est partiellement enterré côté amont, très en contrebas de l'usine qui le domine de plusieurs mètres. Il est sur la berge de la rivière dont il accompagne le lit.
Son emprise est sensiblement équivalente à celle du bâtiment Clavaux II dont la construction initiale est de peu postérieure, mais le souci de l'esthétique semble ici totalement inexistant. La toiture à deux pans de pente moyenne est portée par des fermes métalliques légères en treillis à entrait brisé supportant actuellement une couverture en tôle qui a probablement remplacé une couverture en tuiles mécaniques.
L'ensemble du bâtiment, plus trapu que les autres centrales, est de plus totalement écrasé par son encaissement.

Le bâtiment Pierre-Eybesse III est de plan rectangulaire. La structure porteuse est constituée de sept grands portiques métalliques déterminant six travées régulières. Il appartient donc à la famille des hangars industriels ou agricoles de la seconde moitié du XXe siècle. La toiture à deux pans, à très faible pente, repose directement sur le portique. Les pignons sont aveugles. Le mur gouttereau sud (du côté du bâtiment Pierre-Eybesse II) est éclairé uniquement en partie haute, au dessus du pont roulant, par des fenêtres de format rectangulaire horizontal, occupant toute la largeur des travées. En revanche, le mur gouttereau nord est éclairé, en partie basse, par des fenêtres étroites et hautes (deux par travée), et en partie haute, par des fenêtres identiques à celles de son vis-à-vis. Cette disposition de l'éclairage rappelle ce qui se faisait à la même époque dans des maçonneries épaisses de béton (centrales de Pontcharra sur le Bréda, de Pont-Haut sur la Roizonne). Tant par sa structure de portiques métalliques au-dessus du sol que par la profondeur et la structure en béton armé de ses aménagements inférieurs, ce bâtiment se distingue de toutes les autres centrales de Livet-et-Gavet.

D'une manière générale on notera que la conception du bâtiment Pierre-Eybesse III ne fait pas preuve d'une grande recherche architecturale mais que les détails constructifs de la structure et les aménagements (paillasses d'escalier, menuiseries, garde corps, etc.) sont soignés. 

Les vestiges de la centrale de Gavet

                        

Bien que cette centrale ait disparu, il semble opportun de mentionner qu'il en subsiste des vestiges, situés sur le territoire de la commune de Livet-et-Gavet, à proximité de la commune de Séchilienne.


Repères

  • Centrale construite en 1905 par Force et Lumière, la première créée pour exporter du courant sur les réseaux de distribution et non pour des usages locaux.
  • Usine désaffectée en 1949 suite à la mise en route de la centrale de Péage-de-Vizille dont le canal d'amenée n'est que le prolongement du sien.
  • Démolition : 1954-55.
  • Hauteur de chute : 59 m
  • Equipement : 4 groupes alimentant le réseau de distribution de Force et Lumière en 45 000 V

La centrale elle-même, installée en rive gauche sur le terre-plein entre route et rivière, a été totalement effacée. Les vestiges conservés (double arc de sortie au débouché de la galerie souterraine et berceaux de soutien des conduites forcées) devraient, au même titre que les six centrales encore en activité, être considérés dans le cadre de la réflexion sur le devenir des bâtiments et équipements hydrauliques sur la commune.
Ceci est d'autant plus vrai que la prise d'eau et son barrage, situés à la hauteur du hameau de Gavet et à l'immédiate aval du canal de fuite de la centrale de Pierre-Eybesse sont toujours en état. Placée en rive droite, cette prise d'eau alimente désormais la centrale du Péage-de-Vizille.

Les aménagements du transport de l’eau et de l’électricité

 

           

Prises d'eau, galeries et canaux d'amenée, chambres de mise en charge, conduites forcées, cheminées d'équilibre, canaux de fuite, pylônes, ponts annexes sont autant d'éléments constitutifs de ce paysage, témoins indispensables au même titre que les centrales de cette fabuleuse épopée industrielle.

La centrale de Bâton (commune d'Allemont)

Située sur le territoire d'Allemont à proximité de la commune de Livet-et-Gavet, la centrale souterraine de Bâton mise en service en 1925 n'est pas concernée par le projet "Nouvelle Romanche" en cours d'élaboration.

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