Accueil du site
Accueil / Archéologie / Les fouilles archéologiques de Brandes-en-Oisans (Huez)
Votre barre d'outils Diminuer la taille de la police (petite).Augmenter la taille de la police (grande).Augmenter les contrastes en inversant les couleurs.La mise en forme courante correspond à celle par défaut. Pour imprimer le document, utilisez les fonctionnalités de votre navigateur. Envoyer à un ami

L'archéologie en Isère

Les fouilles archéologiques de Brandes-en-Oisans (Huez)

Les mines d'argent médiévales de Brandes-en-Oisans

 

village et du château de Brandes-en-Oisans
Reconstitution hypothétique du village et du château de Brandes, dessin P.-Y. Carron, CPI et M.-Ch. Bailly-Maître.

Dans la seconde moitié du XIIe siècle un village s'implante à plus de 1 800 m d'altitude, sur un haut plateau au cœur du massif de l'Oisans, afin d'exploiter un gisement de plomb argentifère. La mine ferme dans les années 1330 pour cause d'inondation. Le village se vide alors très rapidement de ses occupants.

Le site de Brandes est exceptionnel car on y trouve tous les éléments d'une grande entreprise minière et d'un habitat permanent. A cela s'ajoute un fonds d'archives conséquent. Il faut attendre 1236 pour avoir la première mention écrite du site. Par testament le dauphin Guigues-André lègue pour 3 ans le revenu de l'argenteria de Brandis pour la construction de sa sainte chapelle, l'église Saint-André de Grenoble. De nombreux documents tels que l'enquête delphinale de 1250 dite le Probus, la reconnaissance de 1261, les comptes de la châtellenie d'Oisans 1313-1354, les actes d'un procès qui marquent la fin de l'exploitation entre 1321 et 1327, les enquêtes en vue du Transport du Dauphiné en 1339 permettent de suivre l'histoire de ce village.

Une fouille archéologique

Quant à l'archéologie, elle apporte les informations matérielles tant sur l'organisation d'un habitat permanent à 1 800 m d'altitude que sur le fonctionnement d'une importante exploitation et fournit des éléments de chronologie qui permettent d'affirmer qu'au milieu du XIIe siècle, le site existait déjà.

 

Brandes-en-Oisans, église paroissiale
Saint-Nicolas de Brandes, église paroissiale

La chapelle

Le site religieux est implanté sur un éperon rocheux étroit, à l'extrémité occidentale du rocher Saint Nicolas. C'est d'abord une simple chapelle bâtie sur le rocher ; agrandie dans la première moitié du XIIIe siècle elle devient alors une paroisse. Au XVIIe siècle, une chapelle est installée dans le chœur de l'église paroissiale. Au XIXe siècle ne subsiste qu'un oratoire contenant la statue du saint en bois polychrome. La nécropole entoure l'église paroissiale.

 

L'exploitation de la mine d'argent

Toutes les étapes de l'extraction minière se retrouvent à Brandes : extraction, concassage, broyage et lavage du minerai.

L'extraction se fait dans plusieurs chantiers miniers, à ciel ouvert et souterrains, qui s'échelonnent de 1700m jusqu'à 2700m d'altitude. Elle se réalise au feu car sous l'action des flammes la roche s'attendrit et se desquame et il suffit alors de la faire tomber avec une pointerolle. Dans les galeries les mineurs circulent parfois sur des planchers suspendus dans le vide, s'éclairant de leurs lampes. Découverte exceptionnelle, des voies de roulage médiévales composées de rondins de bois et facilitant le passage des traineaux sont encore conservées dans certaines galeries.

Le minerai est ensuite concassé dans des mortiers, simples pierres excavées, à l'aide de percuteurs en pierre. Il peut être ensuite broyé grâce à des meules fonctionnant par énergie hydraulique. C'est enfin le lavage qui permet la séparation ultime du minerai d'avec sa gangue, il s'effectue dans de vastes bassins aménagés en bordure d'une grande amenée d'eau, selon un dispositif complexe.

Malgré l'ampleur de cette grande entreprise minière, celle-ci décline tout au long du XIVe siècle pour des raisons techniques (profondeur des galeries, problème d'évacuation d'eau et de gestion des déchets...) et s'arrête définitivement avant le milieu du XIVe siècle.

 Texte : Marie-Christine Bailly-Maître

 

Le mystère des griffons de Brandes...

Dans les fouilles archéologiques de Brandes-en-Oisans (commune d'Huez), sur le site du village de haute altitude occupé aux XIIIe et XIVe siècles par les mineurs qui extrayaient le plomb argentifère, un certain nombre d'objets atteste un niveau de vie plutôt élevé. Parmi ceux-ci deux petites plaques décoratives en bronze moulé et estampé représentent un griffon inséré dans un cadre rectangulaire. Strictement identiques, ces deux objets qui devaient être fixés sur un support (cuir, tissu ?), proviennent d'un même lieu de production, voire d'un même moule.

Or une troisième plaque a été découverte récemment sur le territoire de la commune de Jarrie, à la grande surprise des archéologues.

Il convient de remercier l'inventeur (nom donné à celui qui découvre un site ou un objet nouveau) qui a reconnu l'intérêt de cette pièce et pris contact avec les spécialistes, leur permettant de relancer les questionnements sur ce sujet : s'agit-il d'une production locale, d'un lot rapporté en de nombreux exemplaires par des marchands ambulants ? Un bon réflexe, quand tant d'objets en vente sur internet ne mentionnent aucune provenance, ce qui les rend à peu près inutilisables pour faire progresser la connaissance...