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Histoire du Col du Coq
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Histoire du Col du Coq

Histoire du Col du Coq

L'estive en Chartreuse

L’alpage de Pravouta

Réputés pour la qualité de leur herbe, les alpages de Chartreuse ont très tôt été loués par des « étrangers » au massif, originaires de Theys et des Adrets. Les sols calcaires et les pluies abondantes y fournissent une herbe drue, plus nourrissante que sur les versants cristallins de Belledonne.

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, une cinquantaine de montagnards (personnes travaillant sur l'alpage) traient encore quelques sept cent vaches laitières.
On fabrique du fromage dans des chalets ou haberts (chalet d'alpage lié à la fabrication du fromage), à l'Alpette de Chapareillan, l'Aulp du Seuil, l'Alpe de Sainte-Marie, au Col du Coq, à l'Emeindra et au Charmant Som.

Jusqu'en 1963, l'alpage de Pravouta accueille dès la mi-juin, près de 80 vaches à lait, auxquelles il faut ajouter  chèvres, cochons et génisses mises en pacage.
Le patron de montagne loue le personnel et les bêtes sur les balcons de Belledonne. Il verse aux propriétaires une partie des produits du habert, en paiement du lait qu'il en retire.

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Les montagnards

Les montagnards réunis devant le habert de Pravouta. Une partie de la haute toiture couvrant la halle est encore recouverte de « tavaillons » (« tuiles » en bois d'épicéa taillées à la hache), cliché Marcel Ferrier, 1946

Le habert de Pravouta

Isolé au milieu de la prairie, le habert voisinait autrefois avec une vaste étable de type halle, aujourd'hui entièrement ruinée. Sur un plan de 1834, figure un troisième bâtiment disparu qualifié de grange, dont certains alpagistes gardent le souvenir.  A proximité immédiate, des citernes fournissent l'eau nécessaire au fonctionnement de l'alpage.
Dans sa forme ancienne, le chalet se limitait à un volume plus restreint, correspondant à l'ancienne charpente, prolongé au nord par un pan unique au-dessus du rafraîchou. Il était probablement comme la halle, couvert de tavaillons (« tuiles » en bois d'épicéa taillées à la hache).

L'aménagement intérieur

Ce habert, présumé le plus ancien de Chartreuse de par son linteau daté de 1698, présente une organisation commune à la plupart des constructions d'alpage. Son inscription dans la pente naturelle dégage un niveau de cave à demi enterré. Au-dessus, un espace nuit, divisé par une cloison de bois, accueille de simples platelages garni de paille ; les combles servant également de dortoir. Le reste est réservé à la préparation des fromages, autour de la cheminée placée en angle.

Deux pierres creusées en leur centre, soutenaient les solides potences maintenant les chaudrons de cuivre au-dessus du foyer : 150 litres pour le lait des chèvres, 400 pour celui des vaches. Ne subsiste aujourd'hui que le montant vertical de la potence droite. Près de la cheminée, une porte donne accès au rafraîchou. Le lait y est entreposé dans des bassines en bois après la traite, à hauteur des baies, pour être rafraîchi par les courants d'air. La crème ainsi séparée du lait est battue à la baratte. Après écrémage, le lait de la veille et celui du matin sont réunis dans le grand chaudron. Le suisse apprécie la température à la main avant d'emprésurer le mélange. Le caillé est serré dans de grandes formes, au-dessus d'un égouttoir appuyé contre la paroi sud. Un canal dont l'orifice est toujours visible au dehors, évacue le petit-lait dans une grande auge extérieure, à destination des cochons.

La mémoire des générations de montagnards qui se sont succédés entre ces murs est toujours bien vivante. En témoignent les nombreuses inscriptions gravées sur le vantail extérieur ou inscrites au revers de la porte de cave.

Le traitement du lait

La fabrication du beurre et du fromage est l'apanage du suisse.

  • Bien avant l'aube, c'est lui qui donne le signal de la première traite. Le lait récolté dans des seilles en bois est soigneusement filtré, puis mis à l'abri dans le rafraîchou (pièce froide favorisant le report du lait après la traite) pour laisser la crème monter en surface.
  • À la mi-journée, elle est battue en beurre à la baratte. Le lait écrémé (traites du matin et de la veille réunies) est chauffé au-dessus du foyer puis emprésuré dans le grand chaudron de cuivre.

La fabrication du sérac de vache (sara) est plus épisodique. Les fromages sont mis sous presse dans des cercles en bois avant de rejoindre la fromagère où s'effectue le travail d'affinage.

  • La journée s'écoule laborieusement, jusqu'à la traite du soir, entrecoupée par le travail du bois pour alimenter le foyer en combustible.

Les fromages sont frottés tous les jours avec du sel et du petit lait ; ils quittent la fromagère à partir de la mi-août pour terminer leur affinage dans les caves des fermes de Belledonne.

Le lait de chèvre traité séparément permet la confection des fromageons et du sérac de chèvre (sarassia).

  • Les fromages sont travaillés tous les jours avec du sel et du petit lait ; ils quittent la fromagère à partir de la mi-Août pour terminer leur affinage dans les caves des fermes de Belledonne. Le surplus en fromage, le beurre, les fromageons et les séracs sont vendus à des clients réguliers, d'année en année.
  • Le dimanche, le voiturier assure le ravitaillement du habert et remporte beurre et fromages à destination des clients.

Le retour au village

La descente du troupeau a lieu la veille de la fête de la Sainte-Croix, le 13 septembre.

Si aucun animal n'a péri, la vache la plus docile est coiffée d'une selle (tabouret à un pied, attaché à la taille par une ceinture de cuir, servant pour la traite) renversée portant un petit sapin fleuri pour célébrer le retour.

Cette tradition était partagée dans des formes très proches, dans la plupart des vallées de Belledonne et de l'Oisans.

Sources : Claude Muller, Coutumes et traditions du Dauphiné, Editions des IV Seigneurs, 1977, p. 257.

Retour de troupeau à Theys, date ?, collection Musée dauphinois

 
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Les montagnards de 1946

Dans l'équipe des montagnards,
une hiérarchie bien établie

Le patron de montagne

Séraphin FERRIER

 

 

L'exploitant de l'alpage

 Le suisse

? MACHENS

 

Nom donné au fromager, le terme rappelant sans doute qu'à l'origine de nombreux fromagers venaient du canton de Fribourg. 

 Les vachers

Pierre ROUILLIER

SIGALET

 

 

 

Fernand

BRUNET

MANCAT

 Le voiturier

 

Pierre FERRIER

 

 

Personne chargée de monter le ravitaillement et de descendre la production avec un âne ou un mulet. 

 
Le chevrier

« Minot » TABARINI

 

Les ustensiles du Suisse

Collection Marcel Ferrier

 

Selle

Seillo de chèvre

Seillo de vache

 Seille

 

 Gralait

 

 

 

 

 

 

 

Utilisé pour sortir le caillé et comme mesure

 
Cercle à fromage