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L'archéologie en Isère

L'abbaye de Saint-André-le-Haut

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* consulter l'article d'Anne Baud, Nathanaël Nimmegeers et Anne Flammin : L'abbaye de Saint-André-le-Haut à Vienne. Origine et développement d'un monastère de moniales in BUCEMA Hors-série n° 10 | 2016 : L'origine des sites monastiques : confrontation entre la terminologie des sources textuelles et les données archéologiques.

Une scène sculptée remarquable

L'ancienne abbaye des "Dames nobles de Saint-André-le-Haut" aurait été fondée au VIe siècle. Fouillée depuis plus de dix ans, elle a révélé une bien curieuse sculpture...

Sous deux arcs, une scène en deux parties :

La scène sculptée se décompose en deux parties sous deux arcs reposant sur une colonne centrale ronde, à grosses cannelures, et deux pilastres cannelés. Trois têtes de monstre ou de diable, aux yeux surdimensionnés et oreilles pointues, font partie du décor : au-dessus du pilier central, entre les deux personnages de gauche, et à l'horizontale en décor du chapiteau de gauche.


La scène de gauche présente deux humains allongés, les pieds en extension, l'un en chemise, l'autre nu (côtes et nombril incisés). Au-dessus d'eux, un cochon ne repose pas sur une ligne de sol, il est comme flottant.
Dans la scène de droite, deux guerriers à pied combattent à l'épée, avec aux pieds un chien basset, et au-dessus un serpent à deux têtes. Ils portent un grand bouclier et une cote de mailles (tunique à réseau quadrillé visible pour celui de gauche).
Le décor d'architecture est très semblable à l'arcature romane de la façade nord de l'ancienne cathédrale Saint-Maurice de Vienne. La facture est cependant beaucoup plus fruste, en particulier pour les personnages.

L'iconographie n'est pas très claire.

Deux scènes se répondent : deux chevaliers orgueilleux  combattent, mais qui finiront tels les deux morts représentés. Les têtes de diables iraient dans le sens de cette interprétation.
L'association des animaux est plus problématique :

  •     Le cochon est-il représenté ici au-dessus des morts parce qu'il est l'animal qu'on empêche d'aller déterrer les cadavres en clôturant les cimetières ? Ou bien est-ce une référence au cochon animal de Satan ?
  •     Le chien, compagnon du noble, l'est surtout à la chasse, il est aussi symbole de fidélité sur son tombeau ; ce n'est pas le cas ici.
  •     Le serpent est aussi un animal de Satan, plus souvent figuré en dragon qu'en serpent à deux têtes.

Cette pierre n'était probablement pas destinée à un couvercle de tombe, elle devait être présentée verticalement à l'époque romane, mais s'est retrouvée un ou deux siècles après en remploi.
Etait-elle cependant en vue dans la zone cimétériale de l'abbaye ? Les scènes représentées pourraient le laisser penser. Faisait-elle partie d'un ensemble ? La destruction du cloître médiéval pour sa reconstruction au XVIIe siècle.

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