
Publié le 10/01/2012
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La commission départementale du patrimoine, réunie en octobre 2011, a décerné le Label «Patrimoine en Isère» à 9 nouveaux édifices isérois. Prieuré / Moidieu-Détourbes Dominant le village, le prieuré jouxte l'abside de l'église, sans communication directe entre les 2 corps de bâtiments. Le clocher et le chœur de l'église, en partie reconstruite au XIXe siècle, sont couverts de peintures murales (" Les 12 apôtres ") datant du XIVe siècle, classées au titre des Monuments historiques en 1987. La 1ère mention du prieuré remonte au XIe siècle ; il est dédié à Saint-Maximin et tenu par des bénédictins. Le prieuré voit son importance décliner au cours du XVIe siècle. En 1792, il devient maison communale et école de 1823 à 1928. Les façades du bâtiment, haut de 3 niveaux, portent des traces encore lisibles de vestiges médiévaux : des baies XVe siècle (fenêtres à meneaux) sont encore bien conservées. A l'intérieur du bâtiment, un bel escalier en vis permet de desservir les différents étages par des portes jumelées séparées par un pilier central, avec linteau en accolade. Maison forte de Fassion / Saint-Etienne de Saint-Geoirs L'intérêt de cet édifice « composite » réside dans l'articulation de ses différents corps de bâtiments (au nombre de 3 + un escalier d'angle) et dans ses aménagements intérieurs. Le bâtiment le plus ancien, de plan carré (tour ?), date probablement du XIVe siècle. Il se prolongeait à l'E par un espace clos (cour ?), avec à l'étage une porte d'accès à un chemin de ronde. En 1545, suite au rachat du site par la famille Fassion, deux autres bâtiments, reliés dans un angle par une tour d'escalier en vis, sont construits dans le prolongement N de l'ancien bâtiment, à 1 m de distance de ce dernier. Cet aménagement, évoquant une ruelle ou un aiguier, laisse supposer que ces 2 bâtiments fonctionnent indépendamment. Au XIXe siècle, de nombreux aménagements voient le jour : les 2 ensembles sont reliés (obturation de la ruelle qui devient couloir), les ouvertures actuelles sont créées, ainsi que de nombreux aménagements intérieurs (alcôves, cheminées, papiers peints avec frises aujourd'hui déposés, carreaux de ciment, décor peint en faux-appareil de l'escalier en vis...). Villa Brise des Neiges / La Tronche Cette maison bourgeoise, construite en 1901 par Alphonse Vernet, présente un intérêt aussi bien historique qu'architectural. En 1918, elle est utilisée comme foyer d'accueil pour jeunes orphelines de guerre, auquel succède en 1924 un foyer pour étudiantes. Pendant les années d'Occupation, l'institution, dirigée par Mme Péan-Pagès, sert de refuge à des familles juives et à des étrangers en situation illégale. En 1959, rachetée par la municipalité, la maison devient foyer club du 3ème âge. Implantée le long de la route de Chartreuse, cette villa à l'italienne, typique de l'architecture de Grenoble début XXe siècle, est ornée d'éléments architecturaux en pierre factice de ciment prompt naturel moulé, préfabriqués en série (modillons, chaîne d'angle avec bossage à chanfrein s'amortissant en palmette au niveau des corniches, encadrement des baies richement décoré avec clé figurative...). Les garde-corps des toits terrasses sont à balustres ou pleins. Sur l'arrière du bâtiment, un bel escalier en fer-à-cheval à une volée permet d'accéder aux jardins. Côté rue, un balcon-terrasse transformé en loggia, richement décoré, orne la façade. A l'intérieur, quelques vestiges de la splendeur d'antan ont été conservés ; notamment dans un boudoir de forme octogonale où « Le Triomphe de Vénus » est peint au plafond et encadré aux murs par 4 toiles représentant très probablement les 4 saisons. Tournerie de Saint-Même / Saint-Pierre-d'Entremont Cette entreprise, créée en 1900 par la famille Rey, produisait principalement des étuis pour l'élixir des chartreux et des gourdes. Plusieurs phases d'agrandissements dont une avant-guerre, ont donné naissance à la tournerie telle qu'on peut la découvrir aujourd'hui, de plan irrégulier. Le bâtiment est implanté au nord-est de la commune, au hameau de Saint-Même, le long du Guiers Vif, limitrophe avec la Savoie. La tournerie fonctionnait grâce à l'énergie hydraulique : installée sur le mur est du bâtiment, une roue verticale d'environ 2 m de diamètre, à pales métalliques, était actionnée grâce à l'eau canalisée en amont par un canal maçonné (ou béal) en partie souterrain, relayé par une conduite forcée. Aujourd'hui, une turbine permet à la tournerie de fonctionner ponctuellement. L'atelier, bardé d'une ossature en bois, a conservé une grande partie du mécanisme et de l'outillage. A l'entrée du bâtiment se trouve un banc de scie, doté d'une scie circulaire (1,20 m de diamètre) et dans les autres pièces on trouve une scie à ruban, trois tours (six à l'origine) et tous les systèmes de transmissions. Ferme / Chabons Ce très bel ensemble comprend une grosse maison d'habitation en fond de cour, probablement édifiée au XVIIIe siècle, deux corps de dépendances latéraux, de dimensions imposantes, et une dépendance accolée à l'arrière de la maison. L'ensemble est couvert de belles toitures à fortes pentes, en tuile écailles. Le logis, de forme allongée, est construit en appareillage de galets recouvert par endroits d'enduit. Cinq travées composent sa façade principale et la porte d'entrée, par laquelle on accède par une volée de 4 marches, est centrée. On pénètre directement dans la cuisine, la plus grande pièce du rez-de-chaussée, qui constituait autrefois la pièce à vivre. On remarque sa cheminée pour la qualité des consoles et de la potence, ainsi que son plafond à la française. Les salons qui la jouxtent possèdent des placards avec des portes élégamment ornées. L'étage supérieur correspond à l'étage noble où se trouvent les chambres. La charpente à trois entraits et poutraison à 2 niveaux est remarquable. Les dépendances, dissociées de la maison, montrent plusieurs phases de construction, alternant pisé et appareillage de galets. Le linteau en bois de l'une des portes de grange côté sud est gravée de la date « 1704 ». La maison de maître et ses dépendances auraient été construites par Pierre Guigue, un bourgeois de Lyon, peu avant la Révolution. Atelier de fabrication de vitraux Berthier-Bessac / Grenoble L'atelier a été construit en 1892 par Jean-Augustin Bessac, issu d'une famille de verriers. 16 compagnons œuvraient alors dans cet atelier implanté dans un immeuble de 4 niveaux, prolongé à l'est par un bâtiment de plain-pied. La fonction artisanale de l'immeuble, construit en pierre factice de ciment prompt moulé, est mise en valeur par une tour d'angle carrée, dans-œuvre, couverte d'un toit en pavillon souligné par de faux-machicoulis et éclairée par deux immenses verrières longilignes ; la partie sud de l'immeuble était réservée aux appartements. La pièce en tour d'angle, haute de deux niveaux, par laquelle on entre et qui précède l'atelier, est richement décorée. Elle a été restaurée en 1999 par Mr Berthier après avoir racheté l'atelier en 1997. Les murs sont ornés de fleurs de lys peintes, avec frises de rinceaux et draperies en soubassement. Le plafond peint représente une nuit étoilée avec un soleil en son centre, encadrée de quatre tableaux d'angle représentant les compétences nécessaires aux maîtres verriers (architecture, sculpture, peinture et gravure). Se succèdent ensuite deux salles servant à la création et restauration des vitraux, avec stockage d'archives appelées « cartons » accumulées depuis 1930. Plus de 6000 édifices possèdent des vitraux issus de cet atelier, dont 3000 en France. Chapelle du Maréchal Randon / Saint-Ismier Cette chapelle d'inspiration orientale a été construite en 1865, dans un style très en vogue à l'époque. Elle rappelle, par sa forme et son aspect, celui d'un marabout algérien. Son plan est un carré parfait surmonté d'une coupole semi sphérique. Le mur opposé au mur de la façade principale est percé d'une grande baie en plein-cintre donnant accès à l'hémicycle dont la partie supérieure se termine en demi cintre. Cette partie du plan contient le sanctuaire. L'extérieur de cette chapelle, tout en affectant dans ses lignes la forme arabe, est décorée d'ornements d'un caractère indécis que l'on peut cependant considérer comme inspiré du roman ou du byzantin. Au-dessus de la porte d'entrée se trouve un écusson aux armes du maréchal ; à l'intérieur, les parois de la coupole sont décorées d'arabesques provenant de surmoulages franchement arabes, qui ont été faits à Alger. L'un des vitraux d'origine, daté de 1866, a été fabriqué par un maître verrier réputé, Antoine Lusson fils, dont l'atelier était à Paris. La cohérence de l'édifice et la qualité du maître verrier conduisent à supposer que Randon avait fait appel à un maître d'œuvre renommé (dont le nom reste à préciser). Résidence Moly-Sabata / Sablons Construit après 1813, ce bâtiment tout en longueur fut d'abord relais de batelier (échelle limnique encore visible sur la berge, en contre bas), puis couvent, puis abrita, à partir de 1890, une école libre qui ferma en 1906, après la séparation de l'église et de l'état. La maison, composée d'un rez-de-chaussée, d'un 1er étage et d'un comble, s'ouvre sur le Rhône par une série de grandes baies régulières surmontées par des petites fenêtres carrées. Sa façade, côté jardin, est embellie par un perron de grande taille soutenu par 6 piliers et encadré de 2 volées d'escalier. Au fond du parc se situe une orangerie assez élégante. Mais la réputation de Moly-Sabata est avant tout liée au peintre Albert Gleizes (1881-1953 - figure majeure du mouvement cubiste) qui a fait de ce lieu un centre artistique. Il loue la résidence dès 1927 pour son élève Robert Pouyaud et sa femme, avant de l'acheter en 1938. Il accueille les artistes les plus divers, dans une sorte d'utopie communautaire, pour leur permettre d'exprimer leur art et de retourner à une existence naturelle. En 1930, après le départ de Pouyaud et à la demande de Gleizes, Anne Dangar, peintre australienne, s'installe à Moly-Sabata et en restera la principale animatrice jusqu'à sa mort en 1951. Afin de subvenir à ses besoins, elle choisit de devenir potière : elle se forme auprès des potiers de la région, qui assureront la cuisson de ses pièces jusqu'en 1947. Sous sa direction, Moly-Sabata devient un centre de formation à la méthode d'Albert Gleizes (expositions, conférences, ateliers artistiques pour les enfants, fêtes populaires...). Victime d'un incendie en 1983, la maison a été très bien restaurée et s'est vu agrandie par la création de quatre ateliers d'artistes, construits sur les plans des architectes Jean-Claude Bertrand et Denis Badel, accueillant de jeunes artistes lors de séjours collectifs (1993 - 2007). Maison forte de la Bayette / Le Touvet Cette Maison Forte, construite sur les hauteurs du Touvet et dominant la vallée du Grésivaudan, se compose de 2 corps de bâtiments séparés par une cour : une tour ruinée et un logis en rectangle élevé sur 3 niveaux à l'origine (RDC semi-excavé, 1er étage, combles), partagé en 2 parties inégales par un mur de refend formant limite de propriété. Côté nord, un mur de courtine percé d'un beau portail médiéval relie les 2 corps de bâtiment. A l'origine, la façade est était complètement fermée sur la vallée, à l'exception du crénelage et des archères situés en partie haute des murs. Au XVIe siècle, lorsque la fonction défensive s'est atténuée au profit du « confort », une belle croisée a été percée. Deux petites fenêtres jumelées, plus anciennes, éclairent le niveau semi-enterré. Malheureusement, la partie sud de la façade a été largement remaniée au XIXe s., avec création de 4 grandes fenêtres qui banalisent l'aspect défensif de ce mur. Sur les deux autres façades, les ouvertures sont peu nombreuses. La porte XIXe située en façade nord résulte du remaniement d'une fenêtre médiévale avec coussièges. La baie située au niveau du comble dans l'angle nord de la façade ouest atteste la présence d'une passerelle aménagée sur le mur de courtine, permettant d'accéder à la tour depuis le logis. A l'intérieur du logis, quelques aménagements anciens ont été préservés ; les vestiges d'une belle cheminée, un évier en pierre, un plafond dont les poutres/solives sont moulurées laissent supposer que le niveau 0 est une pièce d'habitation et non une simple cave. La grande salle du niveau 1 montre des aménagements assez tardifs (XVIIe-XVIIIe s.) : plafond à la française, cloisonnement en structure bois et remplissage brique, traces d'une ancienne cheminée.... |