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L'archéologie en Isère

Un trésor de monnaies gauloises à Saint-Savin...


Commune : Saint Savin
Publié le 30/01/2012

La commune de Saint-Savin, comme tous les environs de Bourgoin-Jallieu a été densément occupée pendant l'Antiquité. Les marais en particulier livrent des indices d'une occupation assez intense mais éparse, de petites exploitations rurales, sans doute dans la dépendance de grandes villae proches. Pas moins d'une quinzaine de points de découverte - de tegulae ou tuiles plates antiques, de céramique -  sont signalés sur le territoire communal, dont dix au moins localisés par des toponymes du marais : Vilieu, Beauvernais, Les Tuches, Braille, Flosaille... Les spécialistes des milieux naturels ont pu démontrer, par l'étude des fossés et de leurs comblements, que cette occupation des zones marécageuses correspondait vraisemblablement aux besoins en fourrage des grands domaines antiques. Toutes ces informations ont été récemment mises à jour et rassemblées lors de l'inventaire du patrimoine réalisé par le service du patrimoine culturel (Conseil général de l'Isère, Direction de la Culture et du Patrimoine), qui avait donné lieu à une exposition qui a circulé en 2009 et 2010 sur le territoire "Porte des Alpes", ainsi qu'à une publication encore disponible (Patrimoine en Isère : pays de Bourgoin-Jallieu).
Une trouvaille récente n'a pu être présentée à cette occasion : lors de la construction du bowling en 2009, un petit lot de monnaies gauloises a été non pas découvert mais dispersé par les engins effectuant les travaux. C'est dans les déblais qu'une cinquantaine de monnaies auraient été ramassées par des détectoristes... Un habitant de Saint-Savin a pour sa part recueilli 6 monnaies d'argent en bon état de conservation, comme souvent pour ce type de monnayage, lesquelles ont pu être identifiées. Il s'agit de monnaies émises dans le premier siècle avant notre ère ; elles portent au droit une tête de profil, stylisée ou casquée et au revers un cheval galopant ou un hippocampe. Les lettres VOL qu'on peut lire sur l'une des faces renvoient à un aristocrate gaulois devenu citoyen romain sous le nom de Cn. Pompeius Voluntilus.
La  concentration et l'homogénéité de cet ensemble incite à y voir un petit trésor monétaire, caché par son propriétaire dans une période troublée et jamais récupéré. Imaginez, un homme inquiet cache une bourse en cuir ou en tissu, un coffret en bois ou même un vase en céramique, dans le creux d'un arbre. Les années passent, le propriétaire ne revient pas, l'arbre meurt, les labours dispersent les monnaies...

D'autres trésors de même type ont été découverts non loin de Saint-Savin : 500 pièces à l'hippocampe à Saint-Clair-de-La-Tour, 1454 à Sainte-Blandine, comprenant une grande majorité de monnaies dites au cavalier, un monnayage encore non identifié pour notre commune (voir la publication "Les Allobroges" qui accompagnait l'exposition du même nom au Musée dauphinois en 2002, p. 44 à 47). Mais quelles conclusions peut-on tirer à partir d'un échantillon aussi réduit ? Pour qu'une étude de ce trésor monétaire soit significative, il serait vraiment utile qu'un plus grand nombre d'exemplaires soit rassemblé. C'est pourquoi nous invitons les personnes ayant récolté une partie de cet ensemble, à faire parvenir au moins des photographies de toutes les monnaies à la commune qui transmettra aux spécialistes.

NB : Rappelons que la pratique du détecteur de métaux est strictement interdite sans autorisation des services de l'Etat ; en pratiquant des trous dans le sol, les détectoristes détruisent les couches d'occupation, qui ne peuvent apporter de connaissance que par la mise en œuvre de méthodes de fouille bien précises. D'autre part, en "écumant" ainsi les sites, ils les vident des éléments de datation qui feront par la suite défaut aux archéologues. Enfin, en ne signalant pas leurs découvertes, ils font perdre des informations historiques précieuses.

COMMENTAIRES

Déposé par Patrimoine en Isère
le 18/10/2012 à 09:37
Pour répondre à Jean :
L'archéologie préventive, désormais bien réglementée dans le cadre de la Loi de 2003, intervient bien en amont des travaux, à l'occasion des demandes de permis de construire et autres documents d'urbanisme. Diagnostics et fouilles préventives sont réalisés en priorité sur des travaux d'aménagements lourds, qui bouleversent des dizaines d'hectares et sur des sites déjà répertoriés. Il est donc évident que des sites archéologiques peuvent être touchés à l'occasion de travaux mineurs ou non réglementés ; dans ce cas, une intervention dite d'urgence peut être menée, si quelqu'un signale bien la découverte aux services en charge de l'archéologie : c'est d'ailleurs une obligation légale. Et nul ne prétend empêcher les détectoristes de vérifier les déblais. Ce qui est choquant (et rappelons-le encore une fois interdit par la Loi), c'est le pillage systématique de sites connus, voire, depuis quelques années, de sites en cours de fouille…
Déposé par jean
le 08/10/2012 à 19:33
Il suffit de lire l'article ci-dessus pour voir l'évidente contradiction: les engins de travaux ont dispersé les monnaies qui n'auraient jamais été découvertes si des détectoristes n'étaient pas passées par là...
Déposé par Patrimoine en Isere
le 17/09/2012 à 12:44
Pour répondre à Eric, nous maintenons (et tout le milieu des archéologues est d'accord avec cette affirmation…) que l'action des détectoristes est nuisible au patrimoine archéologique, pour les trois raisons évoquées : 1 / destruction des niveaux archéologiques, 2 / sites dépouillés de leurs objets métalliques, éléments primordiaux d’interprétation et de datation, 3 / information non répertoriée, non localisée donc perdue. Enfin, on peut le regretter mais pour l'instant, la Loi est la Loi : Code du Patrimoine Livre V, art.L-542-1 " Nul ne peut utiliser du matériel permettant la détection d’objets métalliques, à l’effet de recherches de monuments et d’objets pouvant intéresser la préhistoire, l’histoire, l’art ou l’archéologie, sans avoir, au préalable, obtenu une autorisation administrative délivrée en fonction de la qualification du demandeur ainsi que de la nature et des modalités de la recherche".
D'autre part il n'est pas exact de prétendre que des destructions importantes ont lieu lors des travaux d'aménagement. La loi sur l'archéologie préventive organise (et finance !) désormais des études archéologiques préalables : depuis 2001, les très nombreux chantiers réalisés dans ce cadre ont largement renouvelé nos connaissances sur certaines périodes.".
Déposé par eric
le 15/09/2012 à 13:08
la pratique de détection de métaux est interdite en général ,lorsque je pratique la detection ex:dans un champs de mais ,je vois pas en quoi ça peut déranger ,si je trouve une piece de monnaie après 4heures de recherche meme si ele n'a aucune valeurs je suis satisfait et je la range précieusement,si je n'etais pas allé cherché cette pièce personne ne l'aurait fait .Lorsqu'ils contruisent des grandes infrastructures (des routes,des magasins,des voie ferrée )a grand coup de bulldozer vous croyez qu'ils se soucient de savoir se qu'il y a dans le sol?
il faudrait revoir cette législation.

eric
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Vienne le guide
Casterman, décembre 2012.
> En vente à l'office de tourisme de vienne et au Musée Saint-Romain-en-Gal
Version française et anglaise

 
La Pierre et l'Ecrit, Revue d'histoire et du patrimoine en Dauphiné.
PUG (Presses Universitaires de Grenoble), n°23, 2012.
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