
Publié le 27/01/2010
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Les contacts établis avec les propriétaires à l'occasion des travaux menés dans le château, ont permis aux archéologues de proposer une lecture renouvelée de l'évolution de cet édifice. Aujourd’hui le bâtiment se présente comme un grand corps de logis rectangulaire élevé sur trois niveaux et cantonné par une tour d’angle circulaire. Il s’ouvre au sud par une porte précédée d’un escalier à deux volées agrémenté de belles ferronneries, sur une terrasse dominant la vallée, marquée par deux pavillons rectangulaires. Une extension plus basse, côté arrière (nord) est venue occuper l’emplacement probable d’un fossé. Cependant, cette apparente homogénéité, surtout due à l'organisation régulière de la façade percée de nombreuses fenêtres identiques et à une vaste toiture d'un seul tenant, est le résultat d'une longue évolution, bien lisible en raison de l'absence d'enduits.
 Etat I (XIVe siècle) : tour quadrangulaire élevée sur trois ou quatre niveaux, bien marquée par ses quatre chaînes d'angle en molasse. L'appareil mixte galets/brique en partie basse est relayé en hauteur par un appareil assez régulier à rangs alternés soit molasse soit galets. Appartiennent à cet état, au RDC : une cheminée dont le contrecoeur en molasse est visible dans le parement extérieur du mur ouest, non loin d'un ensemble de blocs de molasse superposés, dont le relief a été martelé, qui suggère l'existence d'un portail extérieur. Peut-être accédait-on autrefois au site depuis le nord. Le premier étage est éclairé par une élégante fenêtre trilobée inscrite dans un arc en tiers point et (une ou) deux petites fenêtres rectangulaires. Au second étage sont conservés partiellement les encadrements de quatre petites fenêtres rectangulaires, assez semblables à celles du premier étage, placées prés des angles. La cave, avec son beau plafond formé d'un dense réseau de poutres, pourrait être d'origine.  Etat II (XVe siècle ?) : adjonction d'un logis rectangulaire, accolé à la face est de la tour primitive, sans doute élevé sur deux niveaux à l'origine, puis trois. L'appareil, moins régulier que dans la phase précédente, inclut plus de galets que de molasse. Ouvertures appartenant à cet état : un jour rectangulaire obturé face sud au RDC, surmontait peut-être une porte, deux autres à l'étage sur les faces est et nord, où l'on peut voir également deux corbeaux de pierre évoquant l'existence d'une latrine en encorbellement sur le fossé. A l'intérieur, la dépose d'une partie des enduits montre l'existence d'un petit placard mural ou niche.  Etat III (XVIe, avant 1586 : armoiries des Saussac) : après surélévation du logis de l'état II, on complète la construction par soit une cour, soit un ou deux autres bâtiments plus une cour, avec la tour d'angle. Cet ensemble est d'une lecture plus difficile, car seules les parties basses sont conservées, le restant ayant été entièrement reconstruit au XIXe siècle. Dès cette époque on procède sans doute à des transformations dans les bâtiments antérieurs : percement de deux fenêtres à traverses face sud de la tour primitive, obturation d'une partie au moins des ouvertures de l'étage du logis et sans doute pose du décor peint fonctionnant avec une grande cheminée bâtie sur le mur est. Etats postérieurs : l'escalier à double volée appartient à une période encore postérieure (XVIIe) et le château connaît une recomposition et reconstruction au XIXe siècle. Le décor de la salle haute : suivant une mode décorative qu'on commence à bien connaître pour cette période (XVe-XVIe siècles), le décor, non figuratif, consiste en une succession de bandes de couleur verticales. Les lés, d'une vingtaine de centimètres de large, alternent ici rouge sang et rouge orangé, séparés par un filet noir ; les couleurs renvoient sans doute à celles des armoiries des propriétaires. L'aspect de surface de l'enduit, très soigneusement lissé, avec son effet de marbrure, veut probablement évoquer tapisserie ou pierres précieuses... |